mercredi 24 octobre 2012

Andy Stott : luxury problems

Eh les amis, Andy Stott sort un nouvel album ces prochains jours.
Ouaiiiiiiiiiiissssssssssss, super. Il en a de la chance ce garçon.
Et il fait quoi cet Andy Stott ??? de la polka javanaise sous acides ? de la bourrée auvergnate 2.0 ??
Mr Stott a gagné ses lettres de noblesse dans la minimal techno/dub façon Maurizio en sortant en 2006 un album honnête mais pas grandiose (merciless) et surtout une série d'EP assez remarquables dont deux l'an dernier qui lui ont valu la reconnaissance de nombre de webzines branchés : passed me by et we stay together.
Présentation faite, passons aux choses sérieuses : luxury problems.
Tous ceux qui appréciaient son boulot dans la veine Dub/techno voir ambient vont pouvoir passer leur chemin, le gars Stott s'est donné comme objectif d'attaquer les dance-floors avec nombre de chansons putassières à faire passer David Guetta pour Arvö Part. Pour ce faire, rien de plus simple : laisser tomber les instrumentaux torturés sur dix minutes avec silences de rigueur, employer une chanteuse, de préférence soul à gorge chaude et balancer un rythme binaire compréhensible par le moindre auditeur écervelé, donc moi .
 Programme fort alléchant ma foi.
Sauf qu'à l'arrivée luxury problems ressemble plus à une sorte de Moodyman en pleine phase parano qu''à la énième compile techno/mesbollocksonzetable sortie cette année. Ne vous fiez en aucun aux deux premières minutes de numb, évanescentes en diable, limite dream-pop,mais plus à la suite, techno à un demi beat par minute en vitesse de pointe, lourde, plombée. Si Andy Stott a abandonné, enterré une bonne fois pour toutes le dub/minimal techno avec ses différents EPs, là il signe les papiers de décès du dubstep en général, de Burial en particulier, et enfonce le quatrième clou du cercueil avec une morgue faisant plaisir à entendre. Il fait ainsi table rase des courants électros des vingt dernières années ( la drum'n'bass avec un up the box bradycardisé à mort, à deux doigts du coma, le dubstep, comme je viens de l'écrire, est à l'agonie, le dub est de l'histoire ancienne) mais se veut également le fossoyeur de la techno qui a contribué à sa renommée.  Car franchement, la sienne fait pitié à écouter : le pouls est à peine audible, les beats minimales, l'atmosphère y est glaciale, anxiogène au possible (à croire qu'il a enregistré luxury problems en direct du cercueil mobile qui lui sert de studio pendant que les invités lui envoyaient les dernières pelletés de terre à travers la gueule.).  Il y a parfois quelques tentatives de ranimer le cadavre en devenir (sleepless, up the box en mode défibrillateur en fin de course) mais celles-ci se soldent par d'heureux échecs Heureux car c'est justement cette morgue,ce pré-silence qui fait tout l'attrait de cette post-techno.
Vous me direz :  ça fait des semaines que tu en glandes pas une et tu nous reviens pour nous pondre des concepts à la noix. De la post-techno ?? et pourquoi pas de l'ante-java, de la prétektonik ou encore du perijungle ?? Hein ??? C'est quoi ce concept de merde ???. Ca paraît merdique mais c'est pourtant le seul terme qui me vient à l'esprit quand j'écoute luxury problems. L'impression d'écouter un album sous perfusion, de la techno qui ne veut plus en être, où tout semble désincarné, où seul le silence a voix au chapitre.
Ouhhh mais quelle habile transition ma foi pour parler de celle d'Alison Skidmore, élément nouveau chez Stott, qui apporte une touche d'humanité à ce disque en phase terminale. Et encore. L'humanité semble elle aussi en fin de vie quand Alison lui prodigue les derniers sacrements (lost & found) ou mal barrée quand elle s'égare chez le Lynch de Twin Peaks (leaving, doux écho du falling).
Bref, d'un point de vue moral, autant le dire tout net : il n'y a rien à sauver chez luxury problems. Quand tu penses avoir atteint le fond de l'abime en écoutant un morceau, celui d'après te rappelle que la terre est toujours suffisamment meuble pour que ta pelle continue à creuser indéfiniment. En revanche, musicalement parlant, comme vous l'avez compris précédemment, le programme est d'une richesse assez dingue : minimal et profond, répétitif sans jamais lasser, luxury problems saura accompagner votre dépression au plus profond de la mélancolie.
Au cas où vous ne l'auriez point compris : chaudement recommandé par mézigue.



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