jeudi 8 mars 2012

Anonymous my ass

-Vous êtes tous là , on peut y aller ?
On va lancer un nouveau concept,  ok ???
Musicalement va falloir tenir la route parce que là c'est assez révolutionnaire comme idée. J'ai confiance en vous les gars.
Je vous le dis comme ça , à brûle pourpoint, dans un moment de folie pure et extrême : on va créer un nouveau label dédié à la techno/house/dub.
Faites pas la gueule les gars. Je sais que ça a déjà été fait avant nous et qu'il y aura d'autres milliers de labels créés après nous. Certes. Mais puisque je vous dis le concept est ré-vo-lu-tio-nnaire. D'ailleurs, je lui ai déjà trouvé un nom : Anonymous.
-Euhhhhhh..........
-Quoi ???
-Tu regardes pas les infos ??
-Pourquoi ???
-Non, rien.
-Bon je reprends : mon concept, il est terr-ible :  on va donc créer  un nouveau label sur lequel on sortira toutes nos musiques uniquement au format vinyl.
-Euhhhhhhhhhhh...............
-QUOI ???
-non, rien.
-Et le truc en plus, qui va nous faire rentrer dans la légende, c'est que ce sera absolument a-no-nyme. D'où le nom. Pas con hein ????Il n'y aura aucune indication, rien. Seule la musique comptera. Pas de nom, pas de titres, rien. C'est-y-pas fort ça ??


Putainnnnn...........le brainstorming de malade que ça a du être chez Knowone, label qui a sorti un album (LP 001) de tech/house/dub l'an dernier dans le plus parfait anonymat sous le nom d'Unknown Artist.Concept assez fumeux ma foi à peine sauvé par une musique relativement classe mais pas trop.
Six morceaux nommés untitled, technos, longs, très lounge, pas révolutionnaires pour un sou mais pas désagréables non plus. Le genre de disque d'ascenseur à passer dans une soirée calme entre potes en fin de nuit, entre le dessert et le café, histoire de pas maltraiter la digestion. Quelque chose de parfaitement sain d'esprit sans une once de folie, très bien fait mais pendant lequel on a tendance à s'emmerder ferme. Un revival trip hop ( il y a un côté Massive Attack première époque sur le premier untitled) par ici , une techno façon Moodyman (auquel on aurait gommé toute trace de folie, toute sexualité) par là, le tout saupoudré d'un zeste d'IDM à la Autechre . Ça puise son inspiration dans les nineties sans forcément  expirer quoi que ce soit de bien original. Ça passe, lasse et trépasse au bout de deux écoutes.
Pas de quoi se relever la nuit en somme.
A vrai dire la seule raison pour laquelle j'en parle c'est que le concept en lui-même a tendance à me les briser menu. Disons que pour tenir la route il faut avoir les moyens de ses ambitions, amener quelque chose qui va marquer les esprits. Un je-ne-sais-quoi qui va t'obséder, te donner envie de devenir Jacques Pradel, occuper tout ton temps de cerveau disponible pour savoir qui se cache derrière, quels sont les antécédents de ce malade et toutes les ramifications qui l'entourent. Dans le cas d'Unknown Artist, de ces six titres untitled sur ce label appelé knowone, on se dit que l'anonymat lui sied très bien, on se fout royalement de savoir que Bvdub est probablement derrière tout ça. On passe une heure pas désagréable mais dont on ne retire rien. Disons que dans un même ordre d'idées, la réédition des premiers travaux de Régis est autrement plus intéressante que cet LP001. Mais ça fera l'objet d'une autre note.


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